Dans les cartons, on retrouve un peu de nous

Elles gisent dans une boîte, pâles princesses endormies pour toujours. Elles partagent leur cercueil avec une myriade de souvenirs d'un passé révolu, dont les brefs éclats ne survivent que dans quelques esprits, dans quelques coeurs.
La mort traîne dans la poussière des peluches délaissées , dans l'odeur de renfermé d'un placard qu'on ouvre jamais. La mort... de qui? De l'enfant que j'étais? De l'enfant que vous connaissiez? De ceux qui parcouraient ma vie et qui ne reviendront plus?
Les yeux de porcelaines, fixes et insensibles, m'accusent. J'ai délaissé mes poupées, mes peluches. J'ai cessé de jouer à la maman, à la Petite Sirène. Je suis une Grande. Ils m'accusent de ne plus savoir jouer, de ne plus revenir dans ce monde merveilleux que je m'inventais petite.
Je suis une Grande. Et le monde que j'ai quitté pour le "réel" était bien mieux. J'y étais belle, sûre de moi, protégée.
Pourtant, je joue encore. Je rêve encore. Plus terre à terre, pourtant toujours dans la lune. La tête dans les nuages.
Nos poupées, nos peluches, nos petits soldats nous ont inculqué des valeurs, des idéaux, des rêves, que même adulte on n'oublie pas...

De nouveau la musique qu'on croyait avoir oublié reprend. Et dans le grincement mécanique d'une boîte à musique, des noms, des visages, des odeurs, des sons reparaissent.
Mamie, la maternelle, les cheveux cours, "pigon", Cp-Ce1, la première fois de la chorale, Nounours, la danseuses, les chaussons de danse de mamie, ...
Et je me dis que même si j'ai grandi, tout ça reste au fond de moi et fait ce que je suis.
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