La Réunion
C'est là où j'ai grandi. Là où j'ai aimé, et haï. Là où j'ai passé mon enfance, et mon adolescence. Là où j'ai forgé ce que je suis désormais.
Il y a le vent.
Le vent dans les arbres. Le vent sur la mere - père des vagues. Le vent qui s'enroule dans les nuages qui coiffent la montagne.
Le vent qui me pousse dans le dos quand je reviens de la Fac. Le vent qui me met les cheveux dans les yeux quand je pars du lycée. Le vent qui rafraîchit mes soirées en famille. Le vent qui apaise la chaleur de mes cours.
Vent .

Il y a le soleil.
Toujours là. Brûlant, arrogant pendant 6 mois. Réconfort passager pendant les 6 autres.
Le soleil sur les feuilles. Le soleil sur les routes. Le soleil sur mes livres. Le soleil sur la mer. Le soleil sur la montagne.
Le soleil qui me donne cette couleur plus sombre, plus belle. Le soleil qui me fait rougir et pleurer.
Soleil.

Il y a la mer.
Où qu'on aille elle nous cerne. Nous emprisonne et nous protège. Mer et assassine.
La mer au Nord. La mer au Sud. A l'Est. A l'Ouest. Lagons, récifs coraliens. Océan et requins.
La mer que je visite rarement. La mer qui me manquera tant. Je la vois de mes salles de cours. Je la vois dans mes photos.
Mer.

Il y a la montagne.
Le contraste avec l'océan. Elle est forteresse gardée par les nuages, courronnée de soleil.
La montagne, et ses routes tortueuses vers des paradis cachés. La montagne, symbole de liberté pour les esclaves marrons, symbole de pureté pour ceux qui fuient une société trop sale.
La montagne, qui veille sur nous - on la voit où qu'on soit. La montagne, et ses volcans-parents.
Montagne.

Il y a les plantes.
Tropicales. Amicales. Empoisonnées. Délivrance.
Et ce vert. Et ce jaune. Ce rouge. Ce violet. Ce bleu. Ce blanc. Mélange fantastique des couleurs de l'arc-en-ciel.
Exotiques pour vous - naturelles pour nous; mais jamais ordinaires...
Plantes.

Et c'est juste, pour un moment encore, chez moi.